


Cette œuvre du Foyer-Patro et de la Cité des Jeunes qui ont donné naissance au Cégep de Rivière-du-Loup, quelle belle histoire d'amour à ne pas oublier! Et à perpétuer!
Oui, je félicite et je remercie les autorités du Cégep de rappeler, à l'occasion du 40e anniversaire de fondation de cette institution, les origines, les racines et le passé du Foyer-Patro et de la Cité des Jeunes qui ont préparé la mise en place de ce complexe éducatif, sportif et culturel qui est tellement essentiel et nécessaire, non seulement pour les étudiants qui viennent de tous les horizons (Guadeloupe,etc.), mais aussi pour la population locale et régionale qui en profite pleinement encore aujourd'hui.
À la suite de recherches multiples pour rapporter fidèlement les faits et gestes de cette période à la fois emballante et mouvementée, Gilles Dubé, dans ses deux volumes à venir, rappellera aux générations présentes et futures ce qui a été vécu par des gens de vision, de passion et d'action qui ont relevé le défi et réalisé le rêve de bâtir cette infrastructure d'éducation et de loisirs.
C'est en faisant appel à toutes les forces vives du milieu et aux organismes socioculturels, avec la complicité des responsables municipaux et scolaires de l'époque, que tous ensemble, oui je dis bien tous ensemble, nous avons pu réaliser cette œuvre de formation reconnue même à l'échelle internationale.
Quand on ne reconnaît pas son passé, l'on risque de compromettre son avenir.
Les Africains ont le culte de leur passé et de leurs ancêtres. Quand une personne âgée décède, ils disent avec respect que « c'est une bibliothèque qui brûle », c'est quelqu'un qui disparaît avec tout son vécu, ses souvenirs, ses secrets, sa culture. Oui, mes amis, il faut toujours croire et croître en nos racines. C'est ce que vous voulez nous faire vivre lors ce 40e anniversaire et nous vous sommes tous très reconnaissants pour cet acte de mémoire et de souvenir.
C'est ce que Gilles a voulu signifier en nous faisant vivre mois après mois les mystères douloureux et joyeux de cette grande aventure et de ce projet de société qui a fait couler beaucoup d'encre.
Que de souvenirs me sont revenus à la mémoire en pensant à toutes ces difficultés financières causées par le contexte économique des années 1950, dont la fermeture des usines de chemin de fer, soit une perte de plus de 500 emplois à Rivière du Loup et par les nombreuses tractations souvent difficiles et longues entre les différents paliers de gouvernements!
Oui, vraiment il fallait avoir un bon cœur et surtout des nerfs d'acier pour survivre à tout cela! Si l'impossible est devenu alors possible et réalisable, c'est grâce à la détermination de cette équipe de prêtres et de laïcs qui ont cru en la jeunesse pour qui toute cette infrastructure d'éducation, de culture, de sports et de loisirs a été mise en place contre vents et marées. Il est vrai que, pour certaines personnes, c'était folie, témérité, extravagance, pour d'autres, c'était une nécessité de répondre aux besoins de l'heure. N'oublions pas le contexte social de la révolution tranquille des années 1960.
Chers amis, il faut voir derrière ces démarches multiples, derrière ces murs de briques et de ciment plus que des bâtisses et des équipements, mais une âme, un esprit, une animation, une volonté et un souci de préservation et de formation qui ont généré des activités diverses, des cliniques nationales et provinciales de formation en loisirs et en gestion afin de fournir de meilleures ressources humaines au service des jeunes et de toute la population.
Cela nous a conduit à cette fameuse concertation municipale, scolaire et communautaire qui a servi d'exemple à l'échelle provinciale et même canadienne. On peut le dire sans se tromper, Rivière-du-Loup a fait école et a été reconnue comme Ville des Loisirs et du Sourire, ce qui nous a valu entre autres, les premiers jeux du Québec en 1971 et les Jeux de la Francophonie Canadienne en 2002.
Il fallait vraiment avoir cette passion et cet amour des jeunes qui méritent de notre part, accueil, attention, respect et écoute. Ces jeunes encore aujourd'hui ont bien plus besoin de compréhension et de coups d'épaule que de coups de pieds, que d'accusations et de blâmes.
En terminant, vous me permettrez de rendre hommage à tous ces généreux donateurs, bienfaiteurs, bénévoles, membres de toute cette équipe de battants et de bâtisseurs, collaborateurs de la première heure.
Tous et toutes méritent une médaille d'or, parce qu'ils ont permis la réalisation de ce Cégep, de cette œuvre magnifique et irremplaçable qui a été et demeure toujours un phare d'excellence et de haut-savoir rayonnant encore de tous ses feux.
Le Foyer-Patro, la Cité des Jeunes et le Cégep font maintenant partie de l'histoire et du patrimoine, et nous pouvons affirmer que ces institutions sont la fierté de tous les louperivois.
Vive le Foyer-Patro! Vive la Cité des Jeunes! Vive le Cégep de Rivière-du-Loup. Bon 40e.
Ronald Landry,ptre.C.M.